Chirurgie cardiaque · Vol. 21 Abstracts 2017

C-44 – Résultats d’une cohorte monocentrique de patients transplantés cardiaques suivie pendant 30 ans

Philippe Lacoste, Charles-Henri David, Basile Marie, Thomas Sénage, Antoine Mugniot, Christian Périgaud, Oussama Al Habash, Magalie Michel, Sabine Pattier, Thierry Leproivre, Bertrand Rozec, Jean-Noël Trochu, Jean-Christian Roussel Service de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire, hôpital Nord-Laennec, CHU de Nantes   Objectif : Depuis l’avènement de la ciclosporine dans les années 1990, la transplantation cardiaque s’est imposée comme le traitement de référence de l’insuffisance cardiaque terminale. L’objectif de cette étude était d’étudier les résultats à très long terme de la transplantation cardiaque d’une cohorte de patients greffés il y a plus de 30 ans. Méthode : Ont été inclus dans cette étude rétrospective 148 patients consécutifs, transplantés cardiaques entre 1985 et 1991 dans un même centre. Les techniques chirurgicales et les traitements immunosuppresseurs étaient comparables. Un patient a été perdu de vue. Résultat : La survie actuarielle était respectivement de 75 % (n = 110), 58 % (n = 86), 42 % (n = 61), 26 % (n = 38) et 11 % (n = 16) à 5, 10, 15, 20 et 25 ans. Le suivi moyen était de 14,7 ± 7,7 ans pour les patients ayant au moins 3 mois de survie post-transplantation (n = 131). Les principales causes de décès étaient : cancer (31,2 %) et coronaropathie du greffon (22 %). Aucun décès dû à un rejet aigu n’a été constaté au cours du suivi. La survie sans maladie coronaire du greffon, détectée par coronarographie, était de 50,7 % (n = 56) à 10 ans, 31 % (n = 17) à 20 ans, avec un délai moyen d’apparition de 11 ans, et 7 (5,3 %) patients ont été retransplantés. 79 (60 %) patients ont développé au moins une néoplasie : cutanée (n = 43 patients, 54 %), tumeurs solides (n = 33 patients, 42 %) et cancers hématologiques (n = 17 patients, 21 %). L’incidence de l’insuffisance rénale terminale nécessitant une dialyse ou une transplantation rénale était de 13,5 % à 10 ans, et 35,5 % à 20 ans avec un intervalle libre moyen sans dialyse de 13,4 ans. Conclusion : La survie à long terme depuis l’utilisation de la ciclosporine reste excellente après transplantation cardiaque. Cependant, le contrôle du rejet aigu semble avoir un impact sur l’incidence des cancers et sur la fonction rénale.     Clinical outcomes of heart transplantation with 30 years follow up   Objectives: The study was conducted to determine the long-term outcome of patients who underwent heart transplantation 30 years ago, in the cyclosporine era. Methods: A retrospective analysis was done of 148 patients who had undergone heart transplantation between 1985 and 1991 at a single center. Operative technique and immunosuppressive treatment were comparable in all patients. Results: Actuarial survival rates were 75% (n=110), 58% (n=86), 42% (n=61), 26% (n=38) and 11% (n=16) at 5, 10, 15, 20 and 25 years, respectively. The mean follow-up period was 14.7±7.7 years for patients who survived more than 3 months after transplantation (n=131). The major causes of death were malignancy (31.2%) and cardiac allograft vasculopathy (22%). No death related to acute rejection was reported during the follow-up. The survival without Graft coronary artery disease, detected on angiography, was 50.7% (n=56) at 10 years, 31% (n=17) at 20 years, and 7 (5.3%) patients requiered retransplantation. Malignancies developed in 79 patients (60%), including skin cancers in 43 (54%), solid tumors in 33 (42%), and hematologic malignancies in 17 (21%). Proportion of severe renal function requiring dialysis or renal transplantation is 13.5% at 10 years, and 35.5% at 20 years (median: 13.4 years). Conclusion: Long-term survival after cardiac transplantation remains excellent in the cyclosporine era. Controlling acute allograft rejection can be achieved but seems to carry a high rate of cancers and renal dysfunction.   Séance : Posters cardiaque 1 - vendredi 9 juin - 12:15-13:45
mai 24, 2017
Chirurgie thoracique · Vol. 20 Mars 2016

Résultats multicentriques de l’assistance circulatoire en transplantation bipulmonaire chez les patients atteints de mucoviscidose dans le cadre de COLT

Philippe Lacoste1, A. Hauguel1, Adrien Tissot1, Pascal-Alexandre Thomas2, Martine Reynaud-Gaubert2, Édouard Sage3, Antoine Roux3, Anne Olland4, Claire Dromer5, Françoit Philit6, Véronique Boussaud7, J. Claustre8, Sacha Mussot9, Olivier Brugière10, Marcel Dahan11, Christiane Knoop12, Antoine Magnan1, Christian Périgaud1 et le consortium COLT   1. CHU Nantes, Institut du thorax, France. 2. Hôpital Nord, CHU de Marseille, France. 3. Hôpital Foch, Suresnes, France. 4. Nouvel hôpital civil, CHU de Strasbourg, France. 5. CHU de Bordeaux, hôpital Haut-Lévêque, Pessac, France. 6. Hôpital Louis-Pradel, CHU de Lyon, France. 7. Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris, France. 8. CHU de Grenoble, France. 9. Centre chirugical Marie-Lannelongue, Le Plessis-Robinson, France. 10. Hôpital Bichat, Paris, France. 11. Hôpital Larrey, Toulouse, France. 12. Service de pneumologie, Bruxelles, Belgique. Correspondance : philippe.lacoste@chu-nantes.fr   Résumé Objectif : La transplantation bipulmonaire est la seule thérapie possible pour les patients en insuffisance respiratoire terminale. La gravité clinique des patients nécessite de recourir à des assistances circulatoires (circulation extracorporelle [CEC] ou Extra Corporeal Membrane Oxygenation [ECMO]) en pré, per ou postopératoire. L’objectif de cette étude est d’étudier les résultats cliniques de la transplantation bipulmonaire en fonction des assistances circulatoires, dans le cadre de la cohorte multicentrique COLT (COhort in Lung Transplantation). Méthodes : D’octobre 2009 à juin 2012, 157 patients ont bénéficié d’une transplantation bipulmonaire pour mucoviscidose. Concernant les assistances peropératoire : 71 transplantations ont nécessité une CEC, 28 une ECMO, 58 patients ont pu être transplantés sans assistance (off-pump). Dix patients ont bénéficié d’une ECMO préopératoire en « bridge to transplant », 13 patients ont nécessité une ECMO en postopératoire. Résultats : Concernant les données pré et peropératoires, le groupe ECMO peropératoire contient plus de patients transplantés en super urgence (p < 0,05), et plus de patients présentant des adhérences pleurales (p < 0,05). Le groupe off-pump préserve du risque de reprise chirurgicale, et a une survie significa- tivement supérieure à ceux ayant nécessité le soutien d’une assistance circulatoire au cours de la chirurgie (survie de 94,6 % à 1 et 2 ans). Le groupe ECMO préopératoire a une survie de 90 % et 80 % à 1 et 2 ans. Pour les patients nécessitant une ECMO postopératoire, la survie à 1 an est de 71 %. Discussion : Les patients atteints de mucoviscidose capables de supporter une transplantation bipulmonaire off-pump présentent une meilleure survie à 1 et 2 ans. L’ECMO peut constituer une alternative à la CEC, et présente des intérêts pour le « bridge to transplant » et l’assistance postopératoire.   Abstract Outcomes of extracorporeal support in bilateral lung transplantation for cystic fibrosis in the framework of the COLT cohort Aim: Bilateral lung transplantation is considered as a therapeutic option for patients with end-stage cystic fibrosis. The objective was to study the results of pre, peri and post-operative extracorporeal support (cardiopulmonary bypass (CBP) or extracorporeal membrane oxygenation (ECMO)) needed during bilateral lung transplantation in cystic fibrosis (CF) patients in the framework of the Cohort in Lung Transplantation (COLT) study. Methods: COLT consists of sharing clinical and biological data of included patients in each center, collected in a database dedicated to COLT. From October 2009 to June 2012, 157 patients underwent bilateral lung transplantation for CF. Fifty-eight patients were transplanted off-pump, 71 patients needed CBP and 28 required ECMO. Ten patients needed ECMO in the bridge to transplant, and 13 patients required ECMO as post-operative support. The mean follow-up period was two years. Results: Concerning pre- and per-transplantation data, there were more patients transplanted as a high emergency procedure, and more patients with pleural adhesion in the peri-transplantation ECMO group (p<0.05). The off-pump group showed better survival than the extra-corporeal support groups (94.6% at one and two years). Bridge to transplant ECMO patients showed 90% and 80% survival at one and two years. Patients who needed post-transplantation ECMO had a 71% survival once beyond the immediate post-op period. Discussion: Patients with cystic fibrosis able to support off-pump bilateral lung transplantation had the best survival at one and two years post-transplant. In lung transplantation, ECMO is an alternative to CPB, and is valuable for pre-transplantation bridge to transplant and post-operative support. Télécharger le PDF de l'article complet Conflit d’intérêt : aucun. / Conflict of interest statement: none declared. Ces résultats ont été présentés lors des Journées d’Automne de la SFCTCV de décembre 2014 - Paris.  
mars 15, 2016