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T-05 – Intérêt de l’évaluation endoscopique systématique des lésions de cordes vocales et troubles de déglutition après exérèse pour cancer bronchique

Alex Fourdrain, Jules Iquille, Sophie Lafitte, Florence de Dominicis, Geoni Merlusca, Patrick Bagan, Pascal Berna Service de chirurgie thoracique, CHU d’Amiens  Objectif Les lésions des cordes vocales et les troubles de déglutition sont des facteurs connus de morbi-mortalité postopératoire après chirurgie d’exérèse pulmonaire avec curage ganglionnaire. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’intérêt d’un examen endoscopique systématique à la recherche de lésions laryngées postopératoires.  Méthode Nous avons évalué prospectivement l’existence de lésions des cordes vocales en réalisant une endoscopie laryngée dans les 24 heures postopératoires. Les patients inclus provenaient de notre base de données institutionnelle indexée, totalisant 276 patients sur 24 mois, et excluant 26 patients aux antécédents de laryngectomie, paralysie récurentielle, intubation postopératoire prolongée et les patients refusant l’examen. Les données endoscopiques étaient recueillies à l’aide d’un protocole standardisé, recherchant une paralysie récurentielle, des troubles de la déglutition avec fausse route objectivée à l’aide d’un colorant bleu, ou un hématome de corde vocale.  Résultat 250 patients ont bénéficié d’une endoscopie laryngée postopératoire. Deux patients présentaient une paralysie récurentielle droite sur 139 exérèses droites (1,41 %) et 11 patients présentaient une paralysie récurentielle gauche sur 111 exérèses gauches (9,91 %). La paralysie récurentielle était significativement associée à un risque plus élevé de pneumopathie postopératoire (p = 0,03), recours à une fibroscopie de désencombrement (p = 0,01), réintubation (p = 0,007) et de mortalité à 90 jours (p = 0,09). Un trouble de la déglutition avec fausse route était présent chez 18 patients (7,2 %), et était associé à un risque plus élevé de pneumopathie postopératoire (p = 0,007), recours à une fibroscopie de désencombrement (p = 0,01), réintubation (p = 0,004) et de mortalité à 90 jours (p = 0,03). Il n’existait pas de différence de morbi-mortalité en cas d’hématome de corde vocal.  Conclusion L’évaluation endoscopique laryngée après chirurgie d’exérèse pour cancer bronchopulmonaire permet le diagnostic précoce de lésions des cordes vocales, essentiellement les paralysies récurentielles et les troubles de déglutition avec fausse route. Nous recommandons une évaluation endoscopique postopératoire systématique à la recherche de ces lésions et de les traiter précocement.     The usefulness of a systematic endoscopic assessment of vocal cords lesions and swallowing disorders in postoperative course for lung cancer surgery   Objectives Vocal cords lesions and swallowing disorders are well-known causes of postoperative morbidity and mortality following lymphadenectomy during lung cancer surgery. The aim of our study was to evaluate the usefulness of a systematic endoscopic assessment of postoperative laryngeal lesions.  Methods We evaluated prospectively the existence of vocal cords lesions with a laryngeal endoscopy within the postoperative first 24 hours. All included patients were extracted from our institutional indexed database, with a total of 276 patients over 24 months, excluding 26 patients with previous laryngectomy or laryngeal paralysis, patients with prolonged postoperative intubation and patients who refused this examination. Endoscopic data were reported using a standardized procedure, recording the existence of a vocal cord paralysis, swallowing disorders with wrong way swallowing reinforced using a blue-colored water test and vocal cord hematoma.  Results 250 patients had a postoperative laryngeal endoscopic assessment, 2 patients had a right inferior laryngeal paralysis over 139 right resections (1.44%) and 11 patients had a left inferior laryngeal paralysis over 111 left resections (9.91%). Laryngeal paralysis was significatively associated with a higher rate of postoperative pneumonia (p=0.03), need for a postoperative bronchial endoscopy (p=0.01), reintubation (p=0.007) and almost significatively with mortality within 90 days (p=0.09). Swallowing disorders with wrong way swallowing were assessed in 18 patients (7.2%), and were associated with a higher rate of postoperative pneumonia (p=0.007), need for a postoperative bronchial endoscopy (p=0.01), reintubation (p=0.004) and mortality within 90 days (p=0.03). Vocal cord hematoma was not associated with post-operative morbidity or mortality.  Conclusion Postoperative endoscopic laryngeal assessment is effective to diagnose vocal cords lesions, especially inferior laryngeal paralysis and deglutition trouble with wrong way swallowing. We suggest a systematic postoperative endoscopic assessment of these lesions that may lead to serious complications in order to treat them as early as possible.
juin 10, 2016
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T-04 – Bilan préopératoire exhaustif : une nécessité avant résection des métastases surrénaliennes de cancers bronchiques opérés. Étude multicentrique

Julien de Wolf, Jocelyn Bellier, Françoise Le Pimpec-Barthes, François Tronc, Christophe Peillon, Alain Bernard, Jean-Philippe Le Rochais, Olivier Tiffet, Alain Chapelier, Henri Porte Service de chirurgie thoracique, hôpital Calmette, CHRU de Lille – Service de chirurgie thoracique, hôpital Foch, Suresnes – Service de chirurgie thoracique, hôpital européen Georges-Pompidou, Paris – Service de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire, hôpital Louis-Pradel, hospices civils de Lyon, Bron – Service de chirurgie générale et thoracique, hôpital universitaire de Rouen – Service de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire, hôpital universitaire de Dijon – Service de chirurgie thoracique, hôpital universitaire de Caen – Service de chirurgie thoracique, hôpital universitaire de Saint-Étienne   Objectif Les cancers bronchopulmonaires non à petites cellules oligométastatiques à la surrénale sont rares et l’intérêt de la prise en charge chirurgicale de ces patients en stade IV n’est pas clairement établi.   Méthode Étude multicentrique et rétrospective de janvier 2004 à décembre 2014. Huit centres hospitalo-universitaires de chirurgie thoracique ont participé à cette étude : les centres de Caen, Dijon, Foch (Suresnes), HEGP (Paris), Lille, Lyon, Rouen, Saint-Étienne. Les patients avaient tous un bilan préopératoire exhaustif comprenant un TEP-scanner et une imagerie cérébrale. L’objectif principal était l’évaluation de la survie à 5 ans des patients ayant bénéficié d’une surrénalectomie après résection du cancer bronchique primitif. Les objectifs secondaires étaient la recherche de facteurs pronostiques de survie et de récidive.   Résultat Cinquante-neuf patients ont été inclus. Quarante-six patients (78 %) étaient des hommes. L’âge médian était de 58 ans [39-75]. La présentation oligométastatique était synchrone dans 26 cas (44 %) et métachrones dans 33 cas (56 %). Le délai médian d’apparition de la métastase était de 18,3 mois [6-105]. La survie globale à 5 ans était de 59 % et la survie médiane de 77 mois [0,6-123]. Une récidive était constatée chez 70 % de la population. L’envahissement ganglionnaire médiastinale était un facteur pronostique péjoratif de survie (p = 0,035) et semblait être un facteur prédictif de récidive (p = 0,053). Le type histologique adénocarcinome apparaissait comme un facteur protecteur (p = 0,07).   Conclusion Après un bilan d’extension exhaustif, les patients oligométastatiques à la surrénale qui bénéficient d’une prise en charge chirurgicale bifocale ont une survie supérieure aux résultats de la littérature.       Exhaustiv preoperative staging increase survial in resected ardenal oligometastatic non-small cell lung cancer: multicentric study   Objectives Adrenal oligometastatic non small-cell lung cancer are rare and this surgical management is not clearly established.   Methods From January 2004 to December 2014, we performed a multicenter, retrospective study. The main objective was to evaluate survival in patients who underwent adrenalectomy after resection of primary lung cancer. Secondary objectives were looking for prognostic, survival and recurrences factors.   Results 59 patients were included. 46 patients (78%) were male. Median age was 58 years [39-75]. 26 cases (44%) had a synchronous presentation and in 33 cases (56%) a metachronous. Median time to onset of metastasis was 18.3 months [6-105]. 5 year overall survival was 59% and median survival 77mois [0.6 to 123]. A recurrence was observed in 70% of the population. mediastinal Lymph node invasion (p=0.035) is a pejorative survival prognostic factor and a predictiv factor of recurrence (p=0.053). Adenocarcinoma appeared as a protectiv factor (p=0.07).   Conclusion After an exhaustive staging, adrenal oligometastatic NSCLC patients who benefited of a bifocal surgery have a higher survival than previously literature.
juin 10, 2016
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T-03 – Complications peropératoires majeures au cours des résections pulmonaires anatomiques par chirurgie thoracique vidéo-assistée (CTVA) : résultats d’une enquête de l’ESTS

Dominique Gossot2, Herbert Decaluwé1, René Petersen3, Henrik Hansen3, Alessandro Brunelli4 1. Service de chirurgie thoracique, hôpital universitaire de Louvain, Belgique 2. Service de chirurgie thoracique, Rigshospitalet, Copenhague, Danemark 3. Service de chirurgie thoracique, St James’s University Hospital, Leeds, Royaume-Uni 4. Service de chirurgie thoracique, Institut mutualiste Montsouris, Paris     Objectif Analyse multicentrique de l’incidence et de la nature des complications peropératoires majeures au cours de résections anatomiques par chirurgie thoracique vidéo-assistée (CTVA).   Méthode Six centres européens ont fourni les données de leur série consécutive de résections anatomiques par CTVA en intention de traiter. Les taux de conversion en thoracotomie, les plaies vasculaires et les autres complications peropératoires majeures ont été étudiés en relation avec l’expérience du chirurgien. Les complications majeures incluaient les urgences vitales (par exemple un saignement > 2 litres), les plaies bronchiques ou d’autres organes, ou celles conduisant à des résections complémentaires non prévues. Tous les cas ont été discutés par un panel et des recommandations en ont été tirées.   Résultat 3 076 patients ont été inclus. La majorité des résections (90 %, n = 2763) ont été pratiquées pour un cancer bronchique. Il y a eu 3 décès peropératoires dont un après conversion pour un problème technique. La mortalité hospitalière a été de 1,4 % (n = 43). Le taux de conversion en thoracotomie a été de 5,5 % (n = 170) dont 21,8 % (n = 37) pour des raisons carcinologiques, 29,4 % (n = 50) pour des raisons techniques et 48,8 % (n = 83) pour une complication. Des complications vasculaires ont été rapportées chez 2,9 % des patients (n = 88) conduisant à une conversion dans 2,2 % des cas (n = 70). Il y a eu 46 complications peropératoires majeures (1,5 %), réparties de la façon suivante : transsection par erreur d’un élément bronchovasculaire (n = 9), plaie digestive (n = 5) ou bronchique proximale (n = 6), complication nécessitant une chirurgie majeure imprévue (n = 9) ou complication mettant en jeu le pronostic vital (n = 17). 23 % des décès hospitaliers étaient en rapport avec une complication majeure peropératoire (n = 10/43). Huit pneumonectomies (5 peropératoires et 3 postopératoires) étaient la conséquence d’une complication majeure. L’expérience de l’opérateur était corrélée aux conversions non oncologiques, mais pas aux plaies vasculaires ou aux complications majeures.   Conclusion Les complications peropératoires majeures au cours de résections pulmonaires anatomiques par CTVA sont peu fréquentes, ne semblent pas être en relation avec l’expérience du chirurgien mais ont un impact important sur les suites du patient. Une attention constante et un plan d’action structuré sont d’une importance déterminante pour leur prévention.     Major intraoperative complications during video assisted thoracoscopic anatomical lung resections- results of a ESTS survey   Objectives Multicenter evaluation of the frequency and nature of major intraoperative complications during video assisted thoracoscopic (VATS) anatomical resections.   Methods Six European centers submitted their series of consecutive anatomical lung resections with the intention to treat by VATS. Conversions to thoracotomy, vascular injuries and other major intraoperative complications were studied in relation to surgeons’ experience. Major complications included immediate life threatening complications (e.g.. blood loss of more than 2 liters), injury to proximal airway or other organs, or those leading to unplanned additional anatomical resections. All cases were discussed by a panel and recommendations were drafted.   Results 3076 patients were registered. Most resections (90%, n=2763) were performed for bronchial carcinoma. There were three intraoperative deaths, including one after technical conversion. In-hospital mortality was 1.4% (n=43). Conversion to open thoracotomy was observed in 5.5% (n=170), of whom 21.8% (n=37) for oncologic reasons, 29.4% (n=50) for technical reasons and 48.8% (n=83) for complications. Vascular injuries were reported in 2.9% (n= 88) patients and led to conversion in 2.2% (n=70). In 1.5% (n=46) major intraoperative complications were identified. These consisted of erroneous transection of bronchovascular structures (n=9); injuries to gastro-intestinal organs (n=5) or proximal airway (n= 6); complications requiring additional unplanned major surgery (n=9) or immediate life-threatening complications (n=17). Twenty-three percent of the in-hospital mortalities (n=10/43) were related to major intraoperative complications. Eight pneumonectomies (5 intraoperative and 3 postoperative at 0.3%) were a consequence of a major complication. Surgeon’s experience was related to non-oncologic conversions, but not to vascular injuries or major complications in a multivariable logistic regression analysis.   Conclusion Major intraoperative complications during VATS anatomical lung resections are infrequent, seem not to be related to surgical experience but have an important impact on patient outcome. Constant awareness and a structured plan of action are of paramount importance to prevent them.    
juin 10, 2016
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T-02 – Valeur pronostique de la colonisation des voies respiratoires sur les suites opératoires après chirurgie d’exérèse pulmonaire majeure

Jules Iquille, Alex Fourdrain, Sophie Lafitte, Florence de Dominicis, Pascal Berna Service de chirurgie thoracique, CHU Amiens-Picardie, Salouel  Objectif Les pneumopathies postopératoires (POP) représentent la principale cause de morbi-mortalité postopératoire après chirurgie d’exérèse pulmonaire. Un rôle néfaste de la colonisation bactérienne des voies respiratoires sur la survenue de POP a déjà été suggéré. L’objectif de cette étude était donc d’évaluer la valeur pronostique de prélèvements respiratoires périopératoires à visée bactériologique sur les suites opératoires.  Méthode Nous avons mené une étude prospective observationnelle sur une durée de 4 ans. Tous les patients adressés à notre unité pour réalisation d’une exérèse pulmonaire réglée ont bénéficié de 3 prélèvements systématiques à visée bactériologique : un prélèvement oropharyngé la veille de l’intervention à la recherche d’un portage, un prélèvement bronchique protégé (PBP) sur le poumon non opéré en peropératoire et un écouvillonnage du moignon bronchique sur la pièce opératoire. L’isolement d’un germe spécifique en culture définissait la colonisation bronchique. Le critère de jugement principal était la mortalité à 30 jours. Les critères de jugement secondaires étaient la mortalité à 90 jours et la survenue d’une pneumopathie postopératoire.  Résultat Sur 602 patients adressés, 509 ont bénéficié d’au moins un prélèvement et ont été inclus, 114 avaient un prélèvement oropharyngé positif (23 %), 61 avaient un PBP peropératoire positif (12,2 %) et 58 un écouvillonnage bronchique positif (11,3 %). La positivité du PBP peropératoire était associée à une mortalité plus élevée à 30 jours (8,1 % vs 2,5 %, p = 0,035) et à 90 jours (18 % vs 2,9 %, p < 0,001), ainsi qu’à un taux plus important de pneumopathies postopératoires (52 % vs 22 % p = 0,005). La positivité en culture de l’écouvillonnage bronchique était associée à une augmentation de l’incidence de pneumopathies postopératoires (p = 0,037) sans retentissement sur la mortalité. La positivité de la culture du prélèvement oropharyngé n’influençait pas la morbi-mortalité.  Conclusion Seule la présence d’une colonisation bronchique à germe pathogène du poumon non opéré objectivée en peropératoire par un prélèvement bronchique protégé apparaissait comme un facteur de risque de pneumopathie et de mortalité postopératoire. L’intérêt d’une antibioprophylaxie débutée en cas de positivité à l’examen direct de ce prélèvement devrait être discuté et évaluée dans des études ultérieures.     Prognostic value of airways colonization on post-operative outcome after major lung resection   Objectives Post-operative pneumonia (POP) is the main source of morbidity-mortality after major lung resection. Some authors suggested that airways bacterial colonization had a detrimental effect on POP incidence. This study’s aim was to evaluate the prognostic impact of perioperative respiratory tract samples on post-operative course.  Methods We conducted a prospective study over 4 years. All patients referred to our unity for major lung resection have got three bacteriological samples systematically: screening of a pharyngeal carriage with an oropharyngeal swab the day before surgery, bronchial aspiration on non-operated lung during the surgery, swab on the resected specimen’s bronchial stump. Specified pathogen identification defined colonization. Primary endpoint was overall 30 day mortality. Secondary endpoints were 90 days mortality and incidence of post-operative pneumonia which was defined by standardized criteria.  Results About 602 referred patients, 509 got at least one sample and were included in the study, 114 had positive oropharyngeal swab (23%), 61 had positive bronchial aspiration (12.2%) and 58 had positive bronchial stump swab (11.3%). Positive intraoperative bronchial aspiration culture was associated with increased 30 days mortality (8.1% vs 2.5% p = 0.035) and 90 days mortality (18% vs 2.9%, p < 0.001), and increased incidence of post-operative pneumonia (52% vs 22%, p = 0.005). Positive bronchial stump swab culture was associated with increased post-operative pneumonia rate (p = 0.037) without mortality increment. Positive oropharyngeal swab culture had no influence on morbidity-mortality.  Conclusion Only bronchial colonization of non-operated lung, detected intra-operatively by protected sampling, appears to be an unfavourable prognostic factor. Antibioprophylaxis in case of positive direct-examination of this sample should be discussed and assessed by further studies.
juin 10, 2016
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T-01 – Prise en charge des traumatisés thoraciques lors des attentats du 13 novembre 2015

Sonia Aguir1,2, Guillaume Boddaert1, Françoise Le Pimpec-Barthes3, Emmanuel Martinod4, Pascal Leprince5, François Pons1, Yves Castier2 1. Département de chirurgie thoracique, hôpital d’instruction des armées Percy, Clamart 2. Département de chirurgie thoracique et vasculaire, hôpital Bichat, Paris 3. Département de chirurgie thoracique, hôpital européen Georges-Pompidou, Paris 4. Département de chirurgie thoracique et vasculaire, hôpital Avicenne, Bobigny 5. Département de chirurgie cardiaque, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris     Objectif Le 13 novembre 2015, Paris et Saint-Denis ont été les cibles d’attentats. Les hôpitaux d’instruction des armées et de l’AP-HP ont été mobilisés pour faire face à l’afflux de blessés. Le but de cette étude rétrospective multicentrique a été d’analyser la prise en charge des blessés traumatisés du thorax ayant bénéficié d’une intervention chirurgicale thoracique (TTic).   Méthode Parmi les 351 blessés, 16 ont eu une TTic répartis sur 7 hôpitaux (11 hommes, 34,6 années en moyenne). Le mécanisme lésionnel a été provoqué par balle dans 12 cas (75 %) et par une bombe artisanale dans 4 cas (25 %). En majorité, les patients ont été pris en charge initialement par le Samu (62,5 %). Sept patients (43,7 %) ont eu des manœuvres de réanimation cardiopulmonaire, un remplissage vasculaire ou des drogues vasopressives. Aucun patient n’a bénéficié d’un drainage thoracique au cours de la prise en charge préhospitalière.   Résultat Dix patients (68,7 %) ont bénéficié d’une chirurgie thoracique en extrême urgence. Les traitements chirurgicaux ont été : lobectomie pulmonaire (18,7 %), suture de plaie parenchymateuse (18,7 %), wedge pulmonaire (18,7 %), ligature d’artères intercostales (12,5 %), réparation du ventricule droit (6,2 %), ablation de corps étrangers métalliques intraparenchymateux (18,7 %), suture de plaie diaphragmatique (18,7 %) et thoracotomie de resuscitation (6,2 %). Des lésions associées nécessitant une prise en charge spécifique étaient présentes chez 12 patients (75 %). Les principales étaient orthopédiques (50 %) et viscérales (37,5 %). Treize patients (81,2 %) ont eu une transfusion sanguine (4,5 culots de globules rouges en moyenne : extrêmes [0-35]). Deux patients sont décédés et cinq patients ont eu des complications sévères postopératoires. La durée moyenne d’hospitalisation en unité de soins intensifs a été de 7,6 jours, la durée moyenne d’hospitalisation totale est à ce jour de 19 jours.   Conclusion La gravité des lésions thoraciques, des lésions associées et des complications postopératoires ont engagé le pronostic vital des blessés TTic. L’efficacité des secours préhospitaliers et la prise en charge multi-sites et multidisciplinaire ont permis d’obtenir des résultats satisfaisants pour les blessés TTic. Les départements de chirurgie thoracique de l’ensemble du territoire doivent être préparés à recevoir un afflux de blessés victimes d’attentats.     Management of thoracic injuries during 13th november 2015 attacks   Objectives Friday, Nov 13, 2015, a multisite terrorist attacks occurred in Paris and Saint Denis. Military and APHP hospitals were mobilized. The aim of this multicentric retrospective study was to analyze the outcome of victims with a Thoracic Traumatism who benefited of thoracic surgery (TTts).   Methods Among 351 wounded, TTts occurred in 16 patients in 7 hospitals (11 males, with a mean of 34.6 years old). Penetrating gunshot trauma was the most common mechanism of injury (12 cases; 75%), and explosive devices were reported in 4 cases (25%). Most patients were managed by emergency medical service “SAMU” (62.5%). Seven patients (43.7%) were treated by cardiothoracic resuscitation, or received replacement fluid and vasopressor drugs on the scene or during the transport to the hospital. No patient was managed by a tube thoracosotomy before hospital admission.   Results A high emergency thoracic surgical procedure was performed in ten patients (68.7%). Surgical procedures were: lobectomy (18.7%), lung parenchyma sutures (18.7%), pulmonary wedge (18.7%), intercostal artery ligation (12.5%), cardiac repair of the right ventricle (6.2%), metallic fragment removal (18.7%), diaphragm repair (18.7%) and resuscitation thoracotomy (6.2%). Associated injuries involving a specific management were reported in 12 patients (75%), the most common were orthopedics (50%) and visceral injuries (37.5%). Thirteen patients had transfusion of red blood cells (mean of 4.5 units, range [0-35]). We reported two deaths, and five patients had severe post-operative complications. Mean hospital stay in intensive care unit was 7.6 days, and mean duration of hospitalization so far was 19 days.   Conclusion The severity of thoracic injuries, associated injuries and post-operative complications were life threatening for TTic patients. Multisite and multidisciplinary management, commitment of all the emergency aid has achieved satisfactory results for the TTic patients. The thoracic surgery departments throughout the country must be prepared to receive an influx of casualties with chest trauma bombing victims.    
juin 10, 2016