Chirurgie thoracique · Vol. 20 Abstract 2016

T-22 – La sleeve lobectomie est-elle supérieure à la pneumonectomie pour les suites opératoires et la survie à long terme ?

Pierre Mordant, Pierre-Benoît Pagès, Stéphane Renaud, Pascal Berna, Laurent Brouchet, Pascal-Alexandre Thomas, Marcel Dahan, Alain Bernard, pour le groupe Epithor Hôpital Bichat-Claude-Bernard, AP-HP, Paris – CHU de Dijon – Hôpital civil, CHU de Strasbourg – CHU Amiens-Picardie, site Sud, Amiens – Hôpital Larrey, CHU de Toulouse – Hôpital Nord, CHU de Marseille – Groupe Epithor, SFCTCV  Objectif La sleeve lobectomie (SL) est recommandée pour éviter la pneumonectomie (PN) pour le cancer bronchique. Cependant, ces recommandations sont basées sur des séries rétrospectives de faibles effectifs. L’objectif de cette étude était de comparer la SL à la PN en utilisant 3 scores de propension (SP).  Méthode De 2005 à 2014, 941 patients ont bénéficié d’une SL et 5 318 patients d’une PN et ont été entrés dans la base de données Epithor®. Les critères de jugement étaient la mortalité et les complications postopératoires, la survie et la récidive. Les 3 méthodes utilisées étaient : l’appariement (A), la pondération (P) et la stratification (S). Les résultats sont exprimés par l’odds ratio (OR), l’hazard ratio (HR) et leurs intervalles de confiance à 95 % (IC 95 %).  Résultat Il n’existait pas de différence de mortalité postopératoire entre la SL et la PN selon les 3 SP. Les atélectasies et les pneumopathies étaient significativement réduites par la PN ; les OR respectifs étaient pour l’atélectasie 0,14 [0,08-0,25] pour A, 0,12 [0,08-0,2] pour I, et 0,14 [0,09-0,28] pour S ; pour la pneumopathie 0,4 [0,24-0,69] pour A, 0,56 [0,36-0,87] pour I, et 0,52 [0,35-0,77] pour S. Il n’existait pas de différence entre les deux techniques pour les SDRA et la ventilation > 48 heures. Il existait significativement plus de fistules bronchopleurales, d’empyèmes et d’hémorragie après PN. Les OR respectifs étaient pour la fistule bronchopleurale 2,9 [1,4-6,2] pour A, 2,5 [1,3-4,7] pour I, et 2,6 [1,34-5] pour S ; pour l’empyème 7 [1,9-27] pour A, 15 [4-57] pour I et 6,6 [1,7-26] pour S ; et pour les hémorragies 4 [1,9-8] pour A, 2 [0,7-6] pour I et 3,5 [2-6] pour S. Il existait plus de récidives dans le groupe PN, avec un HR respectif de 1,5 [1,11-2] pour A, et 1,5 [1,13-2] pour S, mais pas par la méthode I. La survie était significativement diminuée pour le groupe PN, avec un excès de mortalité pour les méthodes A et S, HR respectifs de 1,6 [1,17-2,2], et 1,6 [1,2-2,2], mais pas par la méthode I.  Conclusion Comparé à la PN, la SL est associée à une augmentation du taux d’atélectasies et de pneumopathies, à une diminution du taux de fistules bronchopleurales, d’empyème et d’hémorragies, et à une amélioration des survies globale et sans récidive.     Sleeve lobectomy may provide better outcomes than pneumonectomy in the surgical treatment of non-small cell lung cancer   Objectives Whenever feasible, Sleeve Lobectomy (SL) is recommended to avoid pneumonectomy (PN) for lung cancer, but these guidelines are based on limited retrospective series. The aim of our study was to compare outcomes following SL and PN using data from a national database using 3 propensity score (PS) analyses.  Methods From 2005 to 2014, 941 SL and 5318 PN patients were recorded in the French database Epithor. Endpoints were postoperative mortality, postoperative complications, overall survival (OS), and disease-free survival (DFS). Three PS analyses were performed: matching, subclassification and the inverse probability for treatment weighting (IPTW). Results were reported by the odds ratio (OR), Hazard ratio (HR) and their 95% confidence intervals [95%CI].  Results There were no significant differences in postoperative mortality according to the 3 PS methods. As compared with SL, PN was associated with a lower rate of atelectasis and pneumonia, and a higher rate of bronchopleural fistulae, empyema, and hemorrhage according to the 3 PS methods. Three-year OS was 71.86±3.29% for the SL group and 60.76±1.69% for the PN group. As compared with SL, PN was associated with an increased risk of death (HR 1.6 [1.17-2.2] by matching; HR 1.6 [1.2-2.2] by subclassification; no difference by IPTW) and cancer recurrence (HR 1.5 [1.11-2] by matching, HR 1.5 [1.13-2] by subclassification, no difference by IPTW).  Conclusion As compared with PN, SL is associated with more postoperative atelectasis and pneumonia, less bronchopleural fistula, empyema and hemorrhage, higher OS, and higher DFS.
juin 10, 2016
Chirurgie thoracique · Vol. 20 Abstract 2016

T-21 – Lobectomie ambulatoire : faisabilité, principe, technique et résultats

Pascal Berna, Patrick Bagan, Sophie Lafitte, Florence de Dominicis, Jules Iquille, Geoni Merlusca, Julien Monconduit, Emmanuel Lorne Service de chirurgie thoracique CHU d’Amiens  Objectif Nous avons réalisé une étude prospective de faisabilité pour la prise en charge ambulatoire des lobectomies associées à un curage radical pour cancer primitif pulmonaire ou secondaire.  Méthode De février à décembre 2015, nous avons inclus 21 patients opérés par VATS lobectomie ambulatoire pour CBNPC ou métastase. Il y avait 12 femmes et 9 hommes. Âge moyen : 58,9 ans. Score ASA 1 : n = 1 ; 2 : n = 17 ; 3 : n = 3. Le VEMS moyen était de 99,12 % (79 à 124 %).  Résultat Les résections concernaient : LSD, n = 5 ; LM, n = 3 ; LID, n = 4 ; LSG, n = 3 ; LIG, n = 6. Trois patients présentaient des fuites aériques et 11 ont bénéficié d’un renforcement de la scissure. La durée opératoire était de 103,8 min (70 à 140). Les fuites postopératoires aériques 1 h après extubation étaient de 0 pour 19 patients et > à 30 ml/min pour 2 patients. Vingt et un patients ont été levés à h1 et 20 ont été dédrainés immédiatement après ; 21 ont été réalimentés à h3 ; 18 sont sortis le soir de l’intervention ; 2 patients ont refusé de sortir pour des problèmes psychologiques ; 1 patient a bullé 48 heures et est sorti à J3. Tous les patients sortis ont été appelés par l’infirmière coordinatrice à J1 et ont été revus en consultation systématique à J2, J10, J30, J60 par le chirurgien. Deux patients ont reconsulté 1 et 2 fois de manière imprévue. Un patient a été réhospitalisé. Il n’y a eu aucune complication majeure respiratoire, mais 4 complications pleurales mineures : un pneumothorax drainé à J3, un épanchement pleural ponctionné et deux pneumothorax surveillés (J35 et J2). Aucun décès n’est survenu.  Conclusion Il s’agit de la première série concernant la chirurgie pulmonaire majeure carcinologique en ambulatoire. Nous démontrons que cela est faisable et les complications sont mineures et liées au dédrainage précoce. Celui-ci est possible du fait de l’emploi de l’agrafage « fissurless », de l’utilisation de la thermofusion, de renfort de la suture scissurale, de la limitation de la dissection du médiastin limité aux zones de curage. Non seulement la chirurgie ambulatoire majeure pulmonaire est possible, mais elle s’accompagne aussi d’une diminution de la morbi-mortalité habituelle.     Outpatient lobectomy- feasibility, principle, technical aspects and Results   Objectives We performed a prospective feasibility study for the outpatient management of lobectomies associated with lymphadenctomy for lung cancer or secondary primary cancer.  Methods From February to December 2015 we included 21 patients operated on for NSCLC outpatient VATS lobectomy or metastasis. There were 12 women and 9 men. Average age 58.9 years. Score ASA 1: n=1; 2: n=17; 3: n=3. The mean FEV1 was 99.12% (79-124%).  Results Resections were: RUL, n=5; ML, n=3; RLL, n=4; LUL, n=3; LLL, n=6. 3 patients had air leaks at reventilation and 11 benefited from a reinforcement of the fissure. The operating time was 103.8 min (70 to 140). Postoperative immediate aeric leakage (1H after extubation) were 0 ml/min for 19 patients and > 30 ml/min for 2 patients. 20 chest tubes were removed at H1. 18 patients were discharged the evening of the intervention. 2 patients refused to leave for psychological problems related to the announcement of the cancer. 1 patient presented air leaks during 48 hours and was released on D3. None came out with morhinic analgesics. All patients were called out by the nurse coordinator at D1 and were reviewed in systematic consultation D2, D10, D30, D60 by the surgeon. 2 patients reconsulted 1 and 2 times unexpectedly. 1 patient was readmitted. There were no major respiratory complications. There were four minor pleural complications: 1 pneumothorax drained at D3, one pleural effusion was punctured and two pneumothorax occurred (J35 and J2) treated medicaly. No deaths occurred.  Conclusion We have not to our knowledge series of literature on oncologic major lung surgery as outpatients. We demonstrate that it is feasible. Complications are minor and related to early chest tube removal. This is possible due to the use of stapling “fissurless” using heat fusion, the reinforcement of the fissure,and limitation of the mediastinum dissection to lymphadenectomy aereas. There is no post-operative pneumonia. Not only lung major outpatient surgery is possible, but it is also accompanied by a decrease in the normal morbidity and mortality.
juin 10, 2016
Chirurgie thoracique · Vol. 20 Abstract 2016

T-05 – Intérêt de l’évaluation endoscopique systématique des lésions de cordes vocales et troubles de déglutition après exérèse pour cancer bronchique

Alex Fourdrain, Jules Iquille, Sophie Lafitte, Florence de Dominicis, Geoni Merlusca, Patrick Bagan, Pascal Berna Service de chirurgie thoracique, CHU d’Amiens  Objectif Les lésions des cordes vocales et les troubles de déglutition sont des facteurs connus de morbi-mortalité postopératoire après chirurgie d’exérèse pulmonaire avec curage ganglionnaire. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’intérêt d’un examen endoscopique systématique à la recherche de lésions laryngées postopératoires.  Méthode Nous avons évalué prospectivement l’existence de lésions des cordes vocales en réalisant une endoscopie laryngée dans les 24 heures postopératoires. Les patients inclus provenaient de notre base de données institutionnelle indexée, totalisant 276 patients sur 24 mois, et excluant 26 patients aux antécédents de laryngectomie, paralysie récurentielle, intubation postopératoire prolongée et les patients refusant l’examen. Les données endoscopiques étaient recueillies à l’aide d’un protocole standardisé, recherchant une paralysie récurentielle, des troubles de la déglutition avec fausse route objectivée à l’aide d’un colorant bleu, ou un hématome de corde vocale.  Résultat 250 patients ont bénéficié d’une endoscopie laryngée postopératoire. Deux patients présentaient une paralysie récurentielle droite sur 139 exérèses droites (1,41 %) et 11 patients présentaient une paralysie récurentielle gauche sur 111 exérèses gauches (9,91 %). La paralysie récurentielle était significativement associée à un risque plus élevé de pneumopathie postopératoire (p = 0,03), recours à une fibroscopie de désencombrement (p = 0,01), réintubation (p = 0,007) et de mortalité à 90 jours (p = 0,09). Un trouble de la déglutition avec fausse route était présent chez 18 patients (7,2 %), et était associé à un risque plus élevé de pneumopathie postopératoire (p = 0,007), recours à une fibroscopie de désencombrement (p = 0,01), réintubation (p = 0,004) et de mortalité à 90 jours (p = 0,03). Il n’existait pas de différence de morbi-mortalité en cas d’hématome de corde vocal.  Conclusion L’évaluation endoscopique laryngée après chirurgie d’exérèse pour cancer bronchopulmonaire permet le diagnostic précoce de lésions des cordes vocales, essentiellement les paralysies récurentielles et les troubles de déglutition avec fausse route. Nous recommandons une évaluation endoscopique postopératoire systématique à la recherche de ces lésions et de les traiter précocement.     The usefulness of a systematic endoscopic assessment of vocal cords lesions and swallowing disorders in postoperative course for lung cancer surgery   Objectives Vocal cords lesions and swallowing disorders are well-known causes of postoperative morbidity and mortality following lymphadenectomy during lung cancer surgery. The aim of our study was to evaluate the usefulness of a systematic endoscopic assessment of postoperative laryngeal lesions.  Methods We evaluated prospectively the existence of vocal cords lesions with a laryngeal endoscopy within the postoperative first 24 hours. All included patients were extracted from our institutional indexed database, with a total of 276 patients over 24 months, excluding 26 patients with previous laryngectomy or laryngeal paralysis, patients with prolonged postoperative intubation and patients who refused this examination. Endoscopic data were reported using a standardized procedure, recording the existence of a vocal cord paralysis, swallowing disorders with wrong way swallowing reinforced using a blue-colored water test and vocal cord hematoma.  Results 250 patients had a postoperative laryngeal endoscopic assessment, 2 patients had a right inferior laryngeal paralysis over 139 right resections (1.44%) and 11 patients had a left inferior laryngeal paralysis over 111 left resections (9.91%). Laryngeal paralysis was significatively associated with a higher rate of postoperative pneumonia (p=0.03), need for a postoperative bronchial endoscopy (p=0.01), reintubation (p=0.007) and almost significatively with mortality within 90 days (p=0.09). Swallowing disorders with wrong way swallowing were assessed in 18 patients (7.2%), and were associated with a higher rate of postoperative pneumonia (p=0.007), need for a postoperative bronchial endoscopy (p=0.01), reintubation (p=0.004) and mortality within 90 days (p=0.03). Vocal cord hematoma was not associated with post-operative morbidity or mortality.  Conclusion Postoperative endoscopic laryngeal assessment is effective to diagnose vocal cords lesions, especially inferior laryngeal paralysis and deglutition trouble with wrong way swallowing. We suggest a systematic postoperative endoscopic assessment of these lesions that may lead to serious complications in order to treat them as early as possible.
juin 10, 2016