Chirurgie thoracique · Vol. 21 Abstracts 2017

T-11 – Étude nationale sur le développement et les résultats péri-opératoires de la chirurgie robotique thoracique en France

Jean-Marc Baste, Marion Durand, Nicola Santelmo, Renaud Vidal, Bertrand de Latour, Madalina Grigoriu, Ciprian Pricopi, Henri Porte, Loundou Anderson, Christophe Doddoli Université de Rouen-Normandie, Inserm U1096 ; service de chirurgie générale et thoracique, CHU de Rouen   Objectif : La chirurgie robotique est de plus en plus mise en avant comme un outil pertinent dans la chirurgie mini-invasive. À ce jour, aucune étude nationale n’est disponible sur le développement de cette nouvelle technique en chirurgie thoracique. Notre objectif est d’étudier le développement de la chirurgie robotique thoracique ainsi que ses résultats péri-opératoires en France. Méthode : Analyse retrospective des procédures robotiques à partir de la la base française de données Epithor® de 2008 à 2016. Résultat : Un total de 1481 procédures robotiques utilisant le système Da Vinci® a été rapporté par 41 chirurgiens dans 22 centres publics et privés, avec 12 procédures dans la période 2008-2010, 68 en 2011-2012, 337 en 2013-2014 et 1064 en 2015-2016. L’âge moyen [extrêmes] des patients était de 59,7 [11-100] ans avec un sex ratio homme-femme de 1,2 ; l’ASA moyen était 2,1 [1-4]. Mille quatre-vingts exérèses pulmonaires (73,6 %), 183 thymectomies (12,5 %), 157 résections médiastinales (10,7 %) et 47 gestes divers (3,2 %) ont été realisés. Les temps opératoires médians [Q1-Q3] ont été de 140 [110-180] minutes pour les éxérèses pulmonaires, 110 [70-140] minutes pour les thymectomies et 110 [70-150] pour les résections médiastinales. Cent-deux conversions (6,7 %) par thoracotomie ont été rapportées avec 2 décès peropératoires pour hémorragies incontrôlées. Trente et un patients (2,1 %) ont dû être réhospitalisés. Des complications postopératoires ont été décrites chez 409 patients (28,3 %) dont la majorités étaient de grades 1 et 2 de Clavien-Dindo, avec un bullage prolongé chez 93 patients (6,3 %), une rétention urinaire chez 44 patients (3 %), une infection pulmonaire chez 43 patients (2,9 %), une arythmie chez 41 patients (2,8 %), une atelectasie chez 39 patients (3 %), un épanchement pleural chez 11 patient (0,7 %), une paralysie récurrentielle chez 10 malades (0,7 %) et un chylothorax chez 10 patients (0,7 %). La durée moyenne d’hospitalisation était de 6,3 j [0-91]. Quarante malades (2,7 %) sont décédés dans la période des 90 jours postopératoires. Conclusion : La robotique est de plus en plus rapportée en France en chirurgie thoracique. Cette technique est efficace avec peu de complications sévères et un taux de mortalité postopératoire faible. L’adoption est forte au vu du développement récent et l’intérêt pour cette nouvelle technologie est important dans notre pays. Cependant, une étude sur ces abords mini-invasifs comparant la robotique à la chirurgie videothoracoscopique devra être réalisée en raison des coûts et des problèmes logistiques liés à cette nouvelle technologie.     Nationwide survey on the development of robot-assisted thoracic surgery in France   Objectives: Robotic technology is increasingly reported as a valuable tool in minimally invasive surgery. To date, there are no nationwide data available regarding its development in thoracic surgery. Our objective was to report the development of robot-assisted thoracic surgery and peri-operative outcomes in France. Methods: Retrospective analysis of data extracted from the French national thoracic surgery database (Epithor®) from 2008 to 2016. Results: An overall 1,481 procedures using Da Vinci® robots were reported by 41 thoracic surgeons in 22 public or private hospitals, including 12 procedures in 2008-2010, 68 in 2011-2012, 337 in 2013-2014 and 1064 in 2015-2016. Mean [range] age of patients was 59.7 [11-100] years; male to female ratio was 1.2; mean ASA score was 2.1 [1-4]. Procedures included 1,080 lung resections (73.6%), 183 thymectomies (12.5%), 157 mediastinal resections (10.7%) and 47 miscellaneous (3.2%). Median [Q1-Q3] operating times were 140 [110-180] minutes for lung resections, 110 [70-140] minutes for thymectomies and 110 [70-150] minutes for mediastinal resection. Conversion to thoracotomy was reported in 102 patients (6.7%) including 2 patients who died of uncontrolled hemorrhage. Thirty-one patients (2.1%) had to be re-operated. Post-operative complications developed in 409 patients (28.3%). Most frequent complications were Clavien-Dindo category 1 or 2, with air leakage (n=93, 6.3%), urinary retention (n=44, 3%), pulmonary infection (n=43, 2.9%), arythmia (n=41, 2.8%), atelectasis (n=39, 2.6%), pleural effusion (n=11, 0.7%), recurrent paralysis (n=10, 0.7%) and chylothorax (n=10, 0.7%). Mean post-operative hospital stay was 6.3 [0-91] days. A total of 40 patients died within 3 months of surgery (2.7%). Conclusion: Robotic technology is increasingly reported in thoracic surgery in France. It appears to be safe and efficient with few severe post-operative complications. In the near future, a comparison between robotic-assisted and conventional video-assisted thoracic surgery is warranted in terms of patient benefits, logistics and costs.   Séance : Assemblée générale - jeudi 8 juin - 17:00-18:00
mai 24, 2017
Chirurgie thoracique · Vol. 20 Abstract 2016

T-19 – Gestion en équipe de l’hémorragie incontrôlée en chirurgie mini-invasive thoracique par la simulation au bloc opératoire

Jean-Marc Baste1, Jean-Pierre Henry2, Françoise Fillatre3, Éric Danielou3, Slim Sghaier3, Christophe Peillon1, Cédric Damm3,4 1. Service de chirurgie générale et thoracique, CHU de Rouen 2. Stan Institute, Formation par la simulation, Heillecourt 3. Pôle d’anesthésie réanimation, CHU de Rouen 4. Medical Training Center, Rouen     Objectif La chirurgie mini-invasive thoracique est une technique innovante qui reste cependant à risque de plaies vasculaires graves. L’incidence des accidents sévères comme l’hémorragie incontrôlée est faible, mais particulièrement stressante pour l’équipe du bloc opératoire. La mutualisation des équipes, l’évolution de la formation chirurgicale des internes et l’avènement de ces nouvelles techniques chirurgicales nous ont incités à réfléchir sur une stratégie de formation différente intégrant la gestion du stress. L’objectif de notre travail est la mise en place d’un enseignement par la simulation d’équipe en chirurgie thoracique.   Méthode Nous réalisons un scénario d’hémorragie incontrôlée au cours d’une chirurgie mini-invasive thoracique conformément aux recommandations de la HAS sur la simulation (briefing, débriefing). Cette simulation se fait au sein d’un vrai bloc opératoire avec un mannequin haute-fidélité et l’ensemble de l’équipe médico-chirurgicale. Un monitorage conventionnel complet du patient est réalisé. Un enregistrement vidéo simule une intervention chirurgicale en direct. Au cours de la procédure, une hémorragie incontrôlée avec arrêt cardiaque est simulée. La séance est filmée par un consultant extérieur non médical et retransmise en direct en salle de staff pour les autres membres de l’équipe.   Résultat Trois séances de simulation in situ ont été réalisées avec les mêmes scénarios, mais avec trois équipes différentes depuis 2014. Un consultant extérieur non-médecin (pilote de chasse) fait un débriefing des compétences non techniques en lien avec les formateurs médicaux qui ouvrent sur les compétences techniques et les connaissances à acquérir pour gérer au mieux ces événements. Après analyse des débriefings, des axes d’amélioration des pratiques ont été identifiés et des recommandations internes au service ont été proposées à l’équipe pour optimiser la sécurité du malade. Elles s’ajoutent aux recommandations faites en staff de morbi-mortalité.   Conclusion La formation des équipes aux événements graves en chirurgie mini-invasive par simulation in situ est probablement une approche pédagogique très pertinente dans un environnement mutualisé, notamment sur la gestion du stress et l’amélioration des comportements (non-technical skills). L’importance d’une check-list spécifique à la chirurgie mini-invasive en préopératoire et de protocoles peropératoires a été rapportée à chaque session par l’ensemble des acteurs.     Team training in the operative room using simulation for uncontrolled bleeding during thoracic minimal invasive surgery   Objectives Thoracic Minimal invasive surgery is an innovative technique,which presents a high risk of severe vascular tear. Incidence of uncontrolled bleeding is rare but very stressful for the team with loss of performance. New surgical environment (non dedicated teams, new training programmes for young surgeons, innovative techniques) should improve our training strategy to maintain excellence, especially in crisis events. Our objective was to implement a team trainng programme in thoracic surgery for specific and rare events.   Methods An uncontrolled bleeding scenario was set up during a minimal invasive thoracic surgery. The HAS recommendations on simulation were adopted with briefing and debriefing times. The team training was conducted with all the surgical team in a real operative room using a high fildelity mannequin. Conventional monitoring was performed. A video recording simulated live surgical procedure. Our session was recorded by an external consultant specialised in team resource management and broadcast to our meeting room for the other members of the surgical team The debriefing was done by video analysis.   Results Since 2014, 3 sessions with 3 different teams of in situ simulation have been performed with an uncontrolled bleeding scenario. An external consultant (a fighter pilot) was in charge of the non technical skills and physician trainers in charge of technical and cognitive knowledge to improve team performance in crisis events. The debriefings, highlighted necessary improvements in practices and internal recommendations were launched to increase patient safety. These recommendations were also underlined during morbi-mortality meetings.   Conclusion Team training in crisis events in minimal invasive thoracic surgery using simulation is likely an accurate teaching tool in our new hospital environment, especially for improvements in stress management and non technical skills. Check lists and per-operative protocols are essential tools for the entire surgical team to deal with crisis events.    
juin 10, 2016