A la une · CNU · Vol. 23 Juin 2019

Note d’information et recommandations concernant les auditions anticipées (“pré-CNU”)

juin 7, 2019
Auteur correspondant : Pascal Thomas

Dispositions validées par les membres du CNU 51-03 “Chirurgie thoracique et cardiovasculaire” lors de la réunion du 12 avril 2019

 

Lionel Camilleri1, Alain Chapelier1, Pascal Leprince1, Gilbert Massard1, Philippe Menasché1, Jean-François Obadia1, Pascal Thomas1, Jean-Philippe Verhoye1, André Vincentelli1, Delphine Trousse2, Fabrice Vanhuyse2, Guillaume Lebreton2

  1. Membres PU-PH de la sous-section 51-03.
  2. Membres MCU-PH de la sous-section 51-03.

 

Le Conseil national des universités (CNU) est une instance nationale qui contribue au recrutement et à la promotion des professeurs et des maîtres de conférence des universités. Il comprend 14 sections et 52 sous-sections. Chaque sous-section organise annuellement, sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, un concours destiné à placer les candidats sur une liste d’aptitude leur permettant ensuite de postuler à des fonctions hospitalo-universitaires dont la liste et la localisation sont publiées au Journal officiel au terme du processus de révision des effectifs local puis national.

La sous-section 51-03, comme beaucoup d’autres, organise depuis plusieurs années une procédure d’évaluation anticipée en amont de ce concours d’aptitude. Cette procédure n’a rien de réglementaire, mais son intérêt en est illustré par l’importance qu’y attachent désormais les instances locales au cours de leurs processus de révision des effectifs : beaucoup de facultés de médecine en font un préalable à la transmission d’une candidature aux ministères. Il y a en règle générale deux sessions “pré-CNU” par an à l’occasion des événements de la Société française de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire (SFCTCV). Des auditions anticipées peuvent aussi être organisées lors des sessions d’avril et de juin du CNU, dévolues principalement aux concours de recrutement et aux promotions universitaires.

Le but de cette audition anticipée est en effet de s’assurer avant le concours de la maturation des candidatures, des cursus, et des projets universitaires, en fonction de critères dont la base réglementaire a été au fil du temps implémentée par des requis établis par la discipline et qui sont régulièrement révisés et publiés dans notre journal (Journal de Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire 2016;20(4)). La sous-section 51-03 a associé en amont de cette mission celle du repérage et du conseil des plus jeunes dans une optique positive et bienveillante. Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’identifier de façon adéquate et anticipée notre vivier universitaire, de contribuer à son épanouissement et au succès de ses projets. Ce processus se veut précoce et déconnecté des opportunités locales de postes possibles ou probables. Ce repérage est possible dès la deuxième année de postinternat révolue et l’obtention d’un master 2. On constate en effet que le maintien de certains postes hospitalo-universitaires sur le territoire national passe déjà par des mobilités. La 51-03 s’est donc fixé comme objectif de conseiller et d’accompagner le parcours de ce vivier, et ce en lien avec les universitaires locaux et régionaux de la discipline. Aussi, une audition initiale est-elle organisée et complétée d’un suivi personnalisé qui est piloté par un rapporteur/tuteur désigné au sein de la sous-section.

 

La sous-section 51-03 est particulièrement attentive à ce que les cursus des futurs universitaires soient équilibrés. L’activité de soins est la première qui soit analysée, avec un cursus initial sanctionné par le diplôme qualifiant (DESC et bientôt DES de chirurgie thoracique et cardiovasculaire) et l’examen du Collège de chirurgie thoracique et cardiovasculaire. L’activité opératoire doit pouvoir être suivie qualitativement et quantitativement par une participation effective aux bases de données de la SFCTCV, et le(la) candidat(e) doit satisfaire aux obligations réglementaires de développement professionnel continu (DPC). Une visite sur site par le rapporteur peut éventuellement compléter cette évaluation.

Les activités de recherche et d’enseignement sont suivies sur les bases détaillées encore récemment dans ce journal [2016;20(4)]. La cohérence et l’originalité de l’activité de recherche prévalent dans cette évaluation. La sous-section 51-03 souhaite rappeler à ce propos la prééminence du score CNU pour lequel des valeurs seuils ont été définies pour chaque emploi envisagé. Les scores SIGAPS, SIGREC et SIAPS ne sont consultés qu’à titre indicatif et ne sont en aucun cas considérés comme opposables. S’agissant des activités d’enseignement, une attention particulière est portée aux innovations pédagogiques portées par le(la) candidat(e), à la participation effective aux enseignements régionaux et nationaux du Collège, à l’accueil, l’encadrement et l’accompagnement des internes et étudiants du 3e cycle, et à la production de matériel pédagogique alimentant la plateforme SIDES pour les 2e et 3e cycles des études médicales, et les enseignements du DPC-CTCV. La pédagogie peut parfaitement représenter l’axe dominant d’un dossier universitaire.

Les projets de mobilité clinique ou de recherche sont au mieux discutés en amont, puis validés par le président de la sous-section lorsqu’ils sont conformes à la réglementation en vigueur [arrêté du 23 juillet 2003 relatif aux conditions de mobilité exigées des candidats au concours de professeur des universités – praticien hospitalier des centres hospitaliers et universitaires] et à l’esprit de cette mobilité. La 51-03 souhaite, sur ce dernier point, rappeler qu’une mobilité clinique a pour but l’acquisition ou l’approfondissement de compétences cliniques/techniques particulières et la volonté de les développer localement. La 51-03 sera donc particulièrement attentive à la valorisation de ces acquis lors du retour du(de la) candidat(e) dans son CHU d’origine. Une mobilité recherche doit être en cohérence ou en complémentarité avec la thématique portée par le(la) candidat(e) et donner lieu à publications.

Les capacités managériales représentent la 4e dimension évaluée chez le(la) candidat(e). En effet, les hospitalo-universitaires sont destinés à diriger des équipes cliniques et/ou de recherche. Il n’y a pour le moment aucun cursus défini dans cette dimension et l’évaluation est donc personnalisée. Elle repose sur l’investissement du(de la) candidat(e) dans des fonctions collectives dans sa structure hospitalière et/ou universitaire respective, la qualité des rapports humaines qu’il (elle) entretient avec les membres de son environnement local, son implication dans le monde associatif de notre discipline tant au niveau national (SFCTCV, Collège, CNP) qu’international (EACTS, ESTS, STS AATS, etc..) et/ou des formations diplomantes.

 

L’audition initiale comprend une présentation d’une vingtaine de minutes par le (la) candidat(e) de son cursus hospitalier et universitaire. Il s’agit de présenter la place actuelle et à venir qu’il (elle) occupe dans l’environnement hospitalier, en décrivant les particularités du service d’appartenance et les caractéristiques démographiques et organisationnelles locales de la discipline. Il s’agit surtout d’exposer les projets et ambitions du(de la) candidate et de l’équipe dans les domaines des soins, de l’enseignement et de la recherche. Il s’en suit un échange avec l’ensemble des membres de la sous-section, puis une discussion de la sous-section seule, principalement animée par le rapporteur. Le(la) candidat(e) est invité(e) à être auditionné(e) à nouveau chaque fois qu’il(elle), ou son rapporteur, l’estime nécessaire.

Les évaluations “pré-CNU” font systématiquement l’objet d’un compte rendu écrit, qui est validé par tous les membres de la sous-section, adressé par son président à l’intéressé(e) et aux responsables hospitalo-universitaires concernés, et mis à la disposition, le cas échéant, des instances locales hospitalières et universitaires. Les auditions de suivi revêtent alors un caractère moins formel et consistent en un moment d’échanges qui donne toutefois lieu à une synthèse écrite. Lorsque l’interaction avec le pré-CNU a atteint le stade de l’évaluation, ce compte rendu prend la forme d’un avis. Il importe de souligner qu’un avis positif à l’issue d’une évaluation anticipée ne constitue en aucun cas un engagement quant à l’issue du concours.

 

Pr Pascal Alexandre Thomas

Président de la sous-section 51-03 du CNU-Santé